logo poterie manu reva

5141 blv. Saint-Laurent, Montréal, Québec (514)948-1717
info@poteriemanureva.com

 

   Lexique
poterie manu reva


Sommaire



C’est quoi l’argile?
Les 3 grandes familles d’argile
Poterie, céramique, c’est quoi la différence?
3 techniques de fabrication
Les étapes majeures
histoire de la céramique québécoise

Lexique

C’est quoi l’argile ?

- L’argile, aussi appelée terre glaise, est composée en grande partie de silice et d’alumine, de minuscules particules rocheuses, et constitue le produit naturel d’un processus géologique.

- Sa grande qualité c’est sa plasticité : on peut la modeler quand elle est humide, elle conserve la forme qu’on lui donne, une fois séchée on peut la cuire.

- Une fois cuite elle devient solide, très dure.

- Lorsqu’elle n’a jamais été cuite on peut toujours la remouiller et la réutiliser.

- Lors des fouilles archéologiques, ce sont toujours les objets en terre cuite qui ont résisté le mieux au passage du temps et aux fluctuations géologiques. Ils nous donnent beaucoup de renseignements sur les cultures anciennes (grecs, romanes, mayas, incas, chinoises…).
retour au menu

Les 3 grandes familles d’argile

- la faïence : en général elle est rouge car elle contient beaucoup de fer, mais elle peut aussi être blanc crème ou noire. Elle cuit à basse température, de 540°C à 1100°C (1020°F à 2010°F), et reste poreuse. La plus grande partie des argiles dans le monde (incluant le Québec) est de la faïence rouge.

- le grès : en général il est gris ou brun, après cuisson il y a souvent des « picots » noirs ou bruns, des pyrites –agrégats- de fer ou autre métal. Cette argile cuit à moyenne température, 1190°C à 1390°C (2175°F à 2535°F). Le grès devient vitrifié et demeure opaque.

- la porcelaine : toujours très blanche, elle cuit à haute température à partir de 1250°C (2280°F) et plus. Elle devient une poterie blanche. Les pièces sont translucides si elles sont fabriquées très minces.
retour au menu

Poterie, céramique, c’est quoi la différence?

- le mot céramique vient du mot grec « keramos » qui désigne la corne des animaux qui fut la première matière et forme des verres à boire. La Céramique était aussi le nom du quartier d’Athènes, en Grèce, où étaient situées les fabriques de tuiles et de briques.

- Le mot poterie vient du mot latin « potum » qui indiquait l’usage des verres à boire.

- Aujourd’hui on utilise le mot céramique pour tout ce qui peut être fabriqué avec de l’argile : les tuiles de salles de bain, les bols de toilettes, les bols ou les assiettes faits à la main sur un tour ou façonnées, les bougies dans les autos, etc… Le mot poterie fait référence à des pièces qui ont été fabriquées de façon artisanale principalement sur un tour, par un potier!
retour au menu

3 techniques de fabrications :

1. Le tournage : les pièces sont fabriquées à partir d’une boule d’argile qu’on place sur un tour.

2. Le moulage : on utilise des moules faits en plâtre, dans lesquels on coule une argile liquide. Le plâtre absorbe l’eau, l’argile se durcit, et on peut sortir la pièce du moule, la démouler. On utilise cette technique pour faire des pièces en très grande quantité, surtout dans l’industrie.

3. le façonnage : la technique qu’on utilisera dans cet atelier. On transforme un morceau d’argile avec ses mains. On peut faire :

i. l’évidage : on donne une forme à un morceau d’argile, ex. un gros cube. On laisse durcir l’argile quelques heures, puis on vient la couper en deux avec un fil. Ensuite on évide l’intérieur de chaque moitié, jusqu’à ce que les parois aient l’épaisseur voulue (0.5cm environ). On recolle les deux parties.
ii. Le colombin : on fait des colombins – des boudins – avec l’argile, en roulant un morceau sur une table. Ensuite on peut superposer plusieurs colombins et donner presque n’importe quelle forme à l’objet. C’est une technique qu’on peut utiliser pour faire de très grosses pièces. Les 6000 soldats en terre cuite retrouvés en Chine, en 1974, ont été fabriqué par colombin!

iii. le pot pincé : on pince tranquillement une boule d’argile tout en la faisant tourner dans le creux de sa main, jusqu’à ce que toutes les parois soient de la même épaisseur.

iv. La plaque ou le galetage: on fait une plaque – galette- d’argile avec un rouleau à pâte. On laisse sécher un peu, puis on peut couper des formes et les assembler.
retour au menu

Les étapes majeures :

1. pétrir l’argile : pour rendre la terre homogène (égale partout) et pour chasser les bulles d’air qui risqueraient de provoquer l’éclatement de la pièce pendant la cuisson ou de la faire craquer pendant le refroidissement.

2. Fabrication des pièces par l’une ou l’autre des méthodes.

3. Décoration

4. Séchage : il faut que toute l’eau « physique » de la pièce soit évaporée. Les pièces sont alors très fragiles, comme un biscuit sablé.

5. Première cuisson : le biscuit – les pièces sont dures, on peut les manipuler facilement.

6. Émaillage : application de la glaçure (ce qui donne l’aspect brillant, comme du verre). Sur la faïence, ça permet d’imperméabiliser les pièces, puisque la faïence reste poreuse même après cuisson.

7. Deuxième cuisson.
retour au menu

Lexique :

Barbotine : « colle » pour coller 2 morceaux d’argile ensemble. On la prépare avec des petits bouts d’argile mince et secs, qu’on réduit en poussière avec une cuiller. On rajoute de l’eau. On la conserve dans un pot avec couvercle pour ne pas qu’elle sèche.

Engobe : de l’argile blanche diluée (barbotine) et mélangée avec des oxydes (métaux) ou des pigments. On s’en sert au pinceau pour faire des dessins. On peut aussi recouvrir toute l’argile avec l’engobe, puis graver des dessins dans l’engobe, l’argile rouge ressortira (technique du sgraffite).

Glaçure ou Émail : revêtement liquide coloré ou non qui est appliqué sur la surface de l’argile et produit une couche de verre à la cuisson. On émaille une pièce.

Oxyde : composé résultant de la combinaison d’un corps avec l’oxygène. Il résiste à de très hautes températures, on l’ajoute aux glaçures ou aux engobes pour donner de la couleur (oxyde de cuivre).

Histoire de la céramique du Québec

Depuis les débuts de la colonisation,  le Québec a toujours été un foyer artisanal pour la poterie.

Champlain, lors de son voyage de 1613, fut le premier à mentionner l’existence d’une très « bonne terre grasse à potier », dans sa description de l’emplacement du futur site de Montréal.  Pour satisfaire aux préoccupations des habitants, cette terre fut d’abord utilisée pour la fabrication de tuiles et de briques.  C’est en 1686 que l’Intendant Champigny introduisit officiellement la poterie au Canada et informa aussitôt son ministre qu’une « tuilerie était enfin en exploitation sur la rive gauche du ruisseau Lairet », tout près de l’embouchure de la rivière Saint-Charles à Québec.  « Les nommés Landron et Larchevêque, deux de nos meilleurs habitants, ont fondé un établissement pour faire de la brique, de la tuile et des pots de terre. »

 

Aubert de la Chesnaye, nouveau propriétaire de cette briqueterie, embauche en 1689 un potier provençal du nom d’urbain Salomé.  Celui-ci s’engage à faire de la poterie et des vaisseaux de terre pour le service et l’utilité des habitants.

 

En 1700, on note l’existence d’une poterie dans la région de Saint-Joachim (Côte de Beaupré) et, un peu plus tard, vers les années 1710, un autre établissement apparaît à Cap-Santé.

 

À ce moment, les potiers sont des marginaux dont l’occupation est reléguée au second plan. - ça n’a pas beaucoup changé de nos jours *-  En général, ils reçoivent l’appui de plusieurs communautés et institutions religieuses qui leur achètent des vaisseaux de terre selon leurs besoins.  La poterie est avant tout destinée à l’usage domestique et la clientèle locale demande de la vaisselle de faïence, fonctionnelle et solide.  C’est ainsi qu’on produit des objets aux formes simples, rustiques, comprenant principalement des terrines, des assiettes et des plats.  Une glaçure plombifère de teinte verte, brune ou jaune, recouvre la pièce à l’intérieur tandis que l’extérieur demeure non vernissé.

 

La vaisselle d’apparence plus sophistiquée est importée de France, d’Angleterre, d’Écosse; on la retrouve uniquement chez les membres du haut clergé ainsi que chez les riches bourgeois de l’époque.

 

Il semble bien que pour vivre le potier doive consentir à prendre en surplus des contrats ayant trait à la fabrication de matériaux de construction.

 

La plus grande concentration de poteries se situe aux abords des rivières Saint-Charles et Richelieu.

 

À Saint-Denis-sur-Richelieu, la figure dominante est Simon Thibodeau que pratique de 1776 à 1825.  Paul Bélanger, Louis et Jean-Marie Courtemanche s’installent vers 1768 et Pierre Besse, venant de Saint-Roch-des-Aulnaies, arrive sur les lieux en 1784.

 

Au cours du régime français, la poterie demeure une industrie d’une importance mineure au Québec et en général sa forme et son style varient très peu pendant toute cette période.

 

Après 1830, des influences anglaises et américaines pénètrent au pays et viennent peu à peu altérer les traits de la poterie artisanale qui se perdent au profit de la poterie industrielle.  C’est ainsi qu’on voit des potiers, récemment immigrés, introduire au pays des procédés nouveaux et tenter de fonder une importante industrie dès leur arrivée.

 

Les Farrar

 

Dans la vallée du Richelieu, l’industrie de la poterie voit le jour au XVIIIème  siècle avec les vases de terre cuite des artisans de Saint-Denis.  Avec la révolution industrielle, les potiers, dont les familles travaillent depuis des générations, commencent à disparaître des lieux.  C’est ainsi que les grandes usines de grès s’installent à Saint-Jean-d’Iberville, donnant le coup de grâce aux petites poteries industrielles, productrices de faïences.

 

Dès 1840 s’ouvre la première manufacture de grès sous la direction de Moses Farrar.  La famille Farrar, originaire du Vermont, fabriquait depuis longtemps le grès dans son pays avant de venir s’installer au Québec.

 

Alors que les derniers potiers traditionnels de Saint-Denis tournent leurs produits avec la glaise de leur terroir, les Farrar utilisent une pâte de grès obtenue en mélangeant la terre de Saint-Jean à celle de Trenton, région située près de la frontière.

 

La firme célèbre son dixième anniversaire en obtenant un premier prix à l’exposition industrielle provinciale à Montréal.

 

En 1866, George Whitfield Farrar décide d’abandonner la direction de la compagnie.  Une nouvelle industrie, spécialisée dans la faïence blanche, du nom de « St. Johns Stone Chinaware Company » est mise sur pied en 1873.  Une variété d’articles en terre cuite blanche, comme des assiettes, des plats, des théières, des vases de nuit … sortent de ses ateliers.  Pendant un certain temps, des compétiteurs tels la « Rockingham and Yellow Ware Manufactory » et la « British Porcelain Work » tentent de leur imposer une concurrence qui se révèle plus ou moins forte.

 

Cependant, l’importation massive d’articles de toutes sortes produit des conséquences désastreuses pour la bonne marche de l’usine;  c’est ainsi qu’à la fin du siècle, la fabrication des vases de nuit est le seul produit rentable permettant à cette industrie de survivre après tant d’années d’existence.

 

Les Bell

 

En 1948, les frères William et David Bell, d’origine écossaise, ouvrent une manufacture de poterie moderne assez considérable à Petite-Rivière.

 

Travaillant d’abord les objets de porcelaine et de poterie, ils décident par la suite de donner une nouvelle orientation à leur production en se spécialisant dans la fabrication de tuiles et de tuyaux de drainage pour la ville.

 

Pour leurs articles en poterie, ils utilisent de l’argile rouge des environs tandis que la terre à pipe britannique sert à la fabrication des fameuses pipes portant leur marque.

 

L’entreprise met fin à ses activités au tout début du XXème siècle.

 

Les Dion

 

C’est à l’Ancienne-Lorette, dans la région de Québec, que les Dion exercent leur métier.  Vers les années 1854 Jean-Baptiste fonde, d’abord seul, l’établissement, et bientôt son frère Antoine s’y intéresse et devient son associé.  Maitres-artisans, ils s’attardent notamment à produire des plats, des bols ovales fabriqués avec une pâte rouge brique, vernissés et moustachés de tons verts et bruns.  Ils sont les premiers à utiliser une glaçure à base de cuivre et de plomb dont le revêtement confère une touche personnelle et particulière à l’ensemble de leur production.

 

Cette poterie de qualité est d’ailleurs, à ce moment, la dernière à fonctionner selon le mode traditionnel artisanal.

 

En général, ils produisent des articles comprenant des assiettes, des cruches, des jarres à tabac et même des tirelires.  La manufacture des Dion, la plus perfectionnée dans la fabrication de faïences, est la dernière à fermer ses portes en 1918.  Un incendie ravagea complètement les installations en 1926.

 

Le Cap-Rouge

 

Sur l’embouchure de la rivière du Cap-Rouge à Québec, s’ouvre, en 1860, une importante fabrique qui n’emploie pas moins de vingt personnes, ce qui est assez considérable à l’époque.  Les pièces en provenance  de cette fabrique sont de formes simples, moulées ou tournées à la machine.  Il semble que deux vernis aient été utilisés à Cap-Rouge :  « l’un très commun, à base de plomb, pour les bols, les plats, les jarres et qui donnait aux pièces une teinte dorée ou légèrement verdâtre; l’autre était un vernis plus sombre, tirant sur le brun, de type Rochkingham.  Quelques rares pièces étaient recouvertes extérieurement d’un engobe blanc ».

 

L’activité de la manufacture s’étend jusqu’aux années 1890.  Pendant une trentaine d’années, cette industrie fut la première en importance dans la région de Québec.  Malgré ceci, elle n’atteignit jamais le succès commercial dont avaient rêvé ses fondateurs.

 

D’autres petites industries de moindre importance et dont les détails demeurent obscurs existèrent sûrement autour des grands centres de Québec et de Montréal.  La poterie Hobson à Sainte-Angèle en est un exemple; fondée par Henry Goodwin, manufacturier anglais, elle aurait fonctionné de 1849 à 1901.

 

Jusqu’au XXème siècle, une très grande proportion d’articles d’utilité courante sont principalement importés d’Europe; c’est ainsi que les pièces de faïence et de poterie distribuées au Bas Canada se comptent par centaines de mille à la fin du XIVème siècle et au début du XXème siècle.

 

Parce que le Canada était une colonie de l’Angleterre, il est normal que cet important pays producteur et exportateur de céramiques ait fermement veillé à ce que le Canada ne puisse nulle part entrer en compétition avec lui.

 

Il faut attendre les années 1930 pour assister à un renouveau de la céramique artisanale.  Ce phénomène dont l’aspect industriel est pratiquement inexistant, est amorcé par quelques Québécois issus de milieux artistiques.  Ceux-ci, animés d’un souffle créateur, décident de redécouvrir à leur façon les arts du feu tombés dans l’oubli.

 

Bientôt, Pierre-Aimé Normandeau instaure à l’École des beaux-arts le premier département de céramique en 1935.  Au départ, on compte très peu d’inscriptions, une ou deux par année, ce qui au total regroupe environ une dizaine d’élèves pour les premiers sept ans.  On oriente la formation des étudiants en leur faisant appliquer les arts à la céramique, le côté technologique étant négligé en raison du manque de ressources du département.  À partir de 1945 la section de céramique, toujours sous la direction de Normandeau, relève de l’École du meuble.

 

Comme premiers élèves, qui deviennent à leur tour professeurs, on reconnaît, principalement, Louis Archambault pour qui la céramique est un médium lui permettant d’exprimer sa sculpture et qui est professeur de 1945 à 1957;  Jean-Jacques Spénard qui enseigne pendant longtemps à l’École des beaux-arts de Québec; Jean Cartier qui est chargé de cours à l’École du meuble, puis à l’Institut des arts appliqués; Bertrand Vanasse fondateur d’une poterie à Chicoutimi, d’une vaissellerie d’hôtel à Joliette et dans les années 70, spécialisé dans la fabrication de fours électriques pour la céramique; Gaétan Beaudin qui se dévoue de 1946 à 1972 comme professeur jusqu’à la création de « Sial », industrie québécoise de matériaux céramiques, encore en activité aujourd’hui, et Maurice Savoie qui continue d’enseigner et de pratique le métier.

 

Le mouvement débute donc par la participation d’élèves des Beaux-Arts s’adonnant principalement au dessin, à la peinture et qui, pour compléter leurs connaissances, choisissent une option céramique.

 

Peu à peu, on voit une possibilité de gagner sa vie en faisant de cet art un métier. Ainsi, ces gens mirent en marche tout le mouvement en donnant naissance à de petits ateliers à différents endroits de la province, lesquels ont subsisté en partie grâce à la création de l’Office d’artisanat, en 1945.  Cet organisme subventionné avait pour but de faire connaître l’artisanat au pays, d’éduquer le public et d’aider l’artisan à progresser et à vivre de son métier.  En 1950 le magasin, la Centrale d’artisanat, ouvre ses portes.

 

Certains potiers reçoivent des subventions gouvernementales intéressantes, leur permettant de monter des expositions et de se faire connaître auprès du public.

 

Parce que la poterie traditionnelle est pratiquement inexistante au Québec, la place du potier et du céramiste demeure aléatoire et mal identifiée au sein de notre société. ….

 

En raison de la situation qui existait au début des années 1940, les efforts des premiers potiers qui ont voulu redonner une valeur à la céramique sont doublement méritoires. Maintenant, grâce à eux, nous possédons des maîtres à partir desquels peut enfin s’établir une tradition québécoise.

 

Extrait du livre « La Céramique » de Louise Désy, publié en 1977 par l’Éditeur officiel du Québec, La Documentation québécoise, Ministère des communications, Série Initiation aux métiers d’art.

 

*ajout personnel (N.A.)

retour au menu